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Les troubles neurodéveloppementaux : comprendre pour mieux inclure

Introduction

Dans nos familles, nos écoles, nos quartiers… nous avons tous, sans forcément le savoir, croisé une personne concernée par un trouble neurodéveloppemental : un enfant qui parle tard, un ado qui a du mal à se concentrer, un adulte hypersensible ou qui semble « vivre dans son monde ». Trop souvent, ces différences sont mal comprises, mal diagnostiquées, et parfois même rejetées.

Et pourtant, ces différences ont un nom. Elles s’appellent autisme, TDAH, trouble du langage, dyspraxie, trisomie 21, troubles d’apprentissage, etc.

Aujourd’hui, il est urgent de briser les tabous, de mieux informer, et surtout, de changer notre regard.


C’est quoi un trouble neurodéveloppemental ?

Les troubles neurodéveloppementaux (TND) sont des atteintes précoces du développement du cerveau, qui apparaissent dès l’enfance, souvent avant l’âge de 7 ans. Ils affectent des fonctions essentielles comme :

  • La communication,
  • L’interaction sociale,
  • L’attention,
  • La coordination motrice,
  • Les apprentissages scolaires,
  • Le comportement.

Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas une maladie mentale, ce n’est pas le résultat d’un « manque d’éducation » ou d’une « malédiction ». Ce sont des fonctions du cerveau qui se développent différemment.


Quelques TND courants à connaître

1. L’autisme (TSA – Trouble du Spectre de l’Autisme)

Les personnes autistes perçoivent et interagissent avec le monde différemment. Elles peuvent avoir des difficultés à communiquer, à comprendre les codes sociaux, ou être très sensibles à certains bruits, textures ou lumières. Mais elles ont aussi des forces uniques : mémoire exceptionnelle, sens du détail, logique…

2. Le TDAH (Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité)

Le TDAH se manifeste par une grande difficulté à rester concentré(e), une impulsivité ou une agitation motrice. Il est souvent mal interprété comme de la paresse ou de l’indiscipline. Pourtant, avec un bon encadrement, les jeunes avec TDAH développent souvent une créativité hors du commun.

3. La trisomie 21 (ou syndrome de Down)

Il s’agit d’une anomalie génétique qui entraîne un développement intellectuel plus lent et parfois des problèmes de santé associés. Mais les personnes avec trisomie sont souvent chaleureuses, affectueuses et peuvent s’épanouir dans des environnements adaptés.

4. Les troubles DYS (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, etc.)

Ils affectent des fonctions spécifiques : lire, écrire, compter, coordonner ses mouvements. Ces troubles passent souvent inaperçus dans nos écoles, alors qu’ils touchent jusqu’à 1 enfant sur 10.


Et en Afrique, on en parle ?

Très peu. En Afrique centrale et en RDC, les troubles neurodéveloppementaux sont souvent mal diagnostiqués, voire confondus avec de la sorcellerie ou de la possession. Certains enfants sont cachés, exclus de l’école, ou victimes de violences verbales et physiques.

Plusieurs freins expliquent cela :

  • Manque de professionnels spécialisés,
  • Absence de dépistage précoce,
  • Croyances culturelles fortes,
  • Tabous autour du handicap.

Mais des associations, des parents courageux, et des professionnels engagés commencent à faire bouger les lignes.


Pourquoi il faut agir (tous ensemble)

Parce que ces enfants ont du potentiel.

Avec un accompagnement adapté, les enfants avec un TND peuvent apprendre, s’exprimer, créer, travailler, aimer, rêver. Ce sont des êtres humains avant tout.

Parce que les familles sont souvent seules.

Le parcours est souvent dur : errance médicale, isolement social, culpabilité injustifiée. Il est essentiel de créer des espaces de soutien, d’écoute et d’échange.

Parce que l’inclusion, c’est l’affaire de tous.

Une société inclusive, c’est une société qui ne laisse personne de côté. Et ça commence par le regard qu’on porte sur l’autre.


Que faire, concrètement ?

Pour les familles :

  • Oser demander de l’aide (médecins, psychologues, orthophonistes…),
  • Rejoindre des groupes de soutien (même en ligne),
  • Accepter l’enfant tel qu’il est, et non tel qu’on voudrait qu’il soit.

Pour les écoles :

  • Former les enseignants aux TND,
  • Adapter les méthodes pédagogiques,
  • Favoriser l’intégration plutôt que l’exclusion.

Pour la société :

  • Informer, sensibiliser, dédramatiser,
  • Cesser de juger ce qu’on ne comprend pas,
  • Créer des politiques de santé mentale et d’éducation inclusive.

Conclusion : vers une Afrique inclusive, une RDC consciente

Les troubles neurodéveloppementaux ne sont pas des défauts à corriger, mais des différences à comprendre et à accompagner. Et chaque fois qu’on écoute, qu’on soutient, qu’on intègre, on change une vie.

Il est temps de dire : assez de silence, assez de honte.
Il est temps de dire : oui à la dignité, oui à l’inclusion, oui à la différence.

Parce que chaque enfant mérite d’être vu. D’être entendu. Et d’être aimé.

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