Introduction
Tu as peut-être déjà entendu :
« Sois fort(e) »,
« Ce n’est rien, tu vas t’en remettre »,
« Tu penses trop »,
« C’est dans ta tête… »
Dans de nombreuses cultures africaines, notamment en RDC, parler de santé mentale reste un sujet sensible, souvent perçu comme un signe de faiblesse ou de folie. Pourtant, ce que beaucoup vivent en silence – stress, anxiété, dépression, burn-out, solitude – ce sont des réalités légitimes et fréquentes, surtout chez les jeunes.
La santé mentale n’est pas un luxe, ni un caprice. C’est un pilier fondamental de notre bien-être global, et en parler est une force.
C’est quoi exactement, la santé mentale ?
La santé mentale ne signifie pas être heureux tout le temps ou ne jamais être stressé. C’est bien plus profond. C’est ce qui nous permet de :
- Faire face aux défis de la vie,
- Construire des relations saines,
- Avoir confiance en nous,
- Travailler ou étudier avec motivation,
- Donner un sens à ce que nous vivons.
En d’autres termes, avoir une bonne santé mentale, c’est avoir un équilibre émotionnel, psychologique et social, même au milieu du chaos.
Pourquoi c’est important, surtout pour les jeunes ?
En Afrique, plus de 60 % de la population a moins de 25 ans. Et pourtant, les services de santé mentale sont très peu accessibles, souvent concentrés dans les grandes villes, et mal adaptés à la réalité des jeunes.
Or, c’est justement entre 18 et 35 ans que beaucoup de troubles mentaux peuvent apparaître : dépression, anxiété, troubles alimentaires, burn-out, addictions, troubles de l’humeur…
Ajoute à cela :
- La pression des études ou du chômage,
- Les responsabilités précoces,
- L’insécurité économique ou familiale,
- Le poids du regard social et des réseaux sociaux…
Résultat ? Des milliers de jeunes s’effondrent en silence, parce que demander de l’aide est encore perçu comme une faiblesse.
Mais en réalité, parler est un acte de courage.
La réalité en RDC (et dans d’autres pays d’Afrique francophone)
En RDC, selon les estimations du Ministère de la Santé publique, plus de 15 % des consultations en milieu hospitalier concernent des troubles psychiques, même si beaucoup passent sous silence.
Mais le pays compte moins de 200 psychologues cliniciens qualifiés, pour plus de 100 millions d’habitants. Cela veut dire que la plupart des gens souffrent sans accompagnement professionnel.
Et pourtant, les besoins sont immenses, notamment chez les jeunes qui vivent des traumatismes, des pertes, des violences ou simplement des moments de détresse intérieure.
Comment savoir si ta santé mentale a besoin d’attention ?
Voici quelques signes fréquents à ne pas ignorer :
- Tu n’as plus envie de rien, même des choses que tu aimais.
- Tu dors mal, tu te sens tout le temps fatigué(e).
- Tu es tout le temps stressé(e), nerveux(se) ou triste sans savoir pourquoi.
- Tu t’isoles, tu ne veux plus voir personne.
- Tu as des pensées sombres, de découragement, voire suicidaires.
- Tu te sens vide, comme déconnecté(e) de toi-même.
Ce ne sont pas des caprices. Ce sont des signaux d’alarme. Et il existe des solutions.
Que faire ? 6 pistes concrètes pour aller mieux
1. Parle, même un peu.
À un(e) ami(e), un parent, une personne de confiance. Le simple fait de mettre des mots sur ce que tu ressens peut déjà t’apaiser.
2. Consulte un(e) professionnel(le).
Si tu en as la possibilité, va voir un psychologue ou un conseiller. Des plateformes comme BetterHelp, MindSpace, ou des initiatives locales comme PsyHelp RDC ou Call Center santé mentale Kinshasa peuvent t’aider.
3. Prends soin de ton corps.
Bouge, mange mieux, dors régulièrement. Le corps et l’esprit sont liés : quand l’un va mal, l’autre suit.
4. Diminue les pressions inutiles.
Tu n’as pas à être parfait(e). Tu n’as pas à répondre à toutes les attentes. Fixe-toi tes propres limites, tes propres objectifs.
5. Écris ce que tu ressens.
Le journaling, même quelques lignes par jour, permet de libérer les émotions bloquées.
6. Rejoins un groupe de soutien.
En ligne ou en présentiel, il existe des forums, des pages Instagram, des cercles de parole où tu peux écouter et être écouté(e).
Briser les tabous, changer les mentalités
Il est temps que notre génération ose casser les codes. Non, aller en thérapie n’est pas réservé aux « fous ».
Non, exprimer ses émotions n’est pas un signe de faiblesse.
Et non, tu n’es pas seul(e). Des millions de jeunes traversent les mêmes tempêtes que toi.
Parler de santé mentale, c’est rendre l’invisible visible. C’est créer un climat de bienveillance, où chacun peut se sentir légitime dans ce qu’il vit.
Conclusion : ta santé mentale, c’est ton bien le plus précieux
Investir dans ta santé mentale, c’est investir dans ta paix, ta clarté d’esprit, ton avenir. Ce n’est pas de l’égoïsme, c’est de la survie.
Et surtout : tu mérites d’aller bien. Pas juste de survivre, mais de vivre pleinement, avec dignité et équilibre.
Alors, si tu lis cet article et que quelque chose résonne en toi, sache que ce n’est pas un hasard.
Parle. Cherche de l’aide. Prends soin de toi. Tu n’es pas seul(e).
